Une race aux pattes courtes développée uniquement pour trotter dans une roue qui tournait la broche au-dessus d'un feu de cuisine ouvert, commune dans les cuisines anglaises pendant trois siècles. Les broches mécaniques bon marché rendirent le métier, et éventuellement la race elle-même, obsolètes ; vers 1900, le turnspit dog était éteint.
Chien tournebroche (turnspit dog) n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
Guildes et cuisines du monde islamique
À la chute de Rome, la cuisine professionnelle survécut mieux là où de grandes maisons avaient encore besoin d'être nourries : monastères, et cours d'un monde islamique en expansion, dont Bagdad du Xe siècle produisit le Kitab al-Tabikh, l'un des plus anciens livres de cuisine arabes conservés, avec des techniques bien plus avancées que tout ce qui était écrit dans la chrétienté latine de l'époque. En Europe, la cuisine se réorganisa en guildes — les rôtisseurs parisiens chartés dès 1268 — qui séparaient légalement un plat d'un autre. Plus à l'est, la conquête de Constantinople en 1453 donna aux sultans ottomans une cuisine palatiale qui deviendrait l'une des plus grandes opérations de restauration de l'histoire.
Ce qui se passait alors
Des textes chinois, dont le Lushi Chunqiu, attribuent au cuisinier Yi Yin d'avoir utilisé l'assemblage des saveurs — aigre, amer, sucré, piquant, salé — comme analogie pour obtenir une audience auprès du premier roi Shang et devenir son premier ministre. Yi Yin soit historique ou non, le texte est le plus ancien de la tradition chinoise à traiter la cuisine comme un savoir expert digne de l'attention d'un souverain.
L'architecte en chef ottoman Mimar Sinan donna aux cuisines du palais de Topkapi à Istanbul la forme à dix coupoles qui subsiste encore aujourd'hui. Derrière ses murs, un personnel qui comptait une centaine de personnes sous Mehmed II dépassa le millier sous les sultans suivants, cuisinant pour la cour, le harem et la garde palatiale sous une hiérarchie stricte de rangs nommés.
Le Cuisinier françois de François Pierre La Varenne rompit avec la cuisine médiévale très épicée, privilégiant le roux, le bouquet garni et le goût naturel des ingrédients. Il est généralement considéré comme le premier livre de cuisine destiné aux cuisiniers professionnels plutôt qu'aux maisons nobles, et le texte fondateur de ce qui devint la haute cuisine française.
Où vit ce travail aujourd’hui
Le professionnel qui commande une brigade de cuisine sous la pression de chaque service, du Paris d'Escoffier aux comptoirs de sushi d'Osaka et aux bars à ceviche de Lima.
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