Les cinémas muets du Japon employaient des benshi — narrateurs-interprètes en direct qui se tenaient à côté de l'écran pour donner voix à chaque personnage, expliquer l'intrigue et improviser des commentaires. Les benshi stars gagnaient plus que les acteurs qu'ils doublaient et attiraient le public à leur propre nom ; au sommet du métier dans les années 1920, des milliers travaillaient au Japon. Le son synchronisé les rendit redondants en quelques années, et une grève des benshi en 1932 contre le parlant ne ralentit pas la technologie.
Benshi n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
Théâtres, actrices et la lente ascension vers le respectabilité
Des théâtres construits exprès — le Globe de Londres dès 1599, les théâtres kabuki d'Edo, les scènes royales de Paris — transformèrent la comédie en profession urbaine installée. Les femmes y entrèrent de façon inégale : Okuni fonda le kabuki en 1603 pour que les femmes en soient bannies en 1629, tandis que l'Angleterre admit les actrices dès 1660. Le naturalisme et la célébrité de David Garrick firent de l'acteur un gentilhomme ; en 1895, quand la reine Victoria fit chevalier Henry Irving, la profession qui avait partagé les lois des vagabonds atteignit la table d'honneur de l'establishment.
Ce qui se passait alors
Konstantin Stanislavski et Vladimir Nemirovich-Danchenko, après une légendaire réunion de planification de dix-huit heures en 1897, ouvrent le Théâtre d'art de Moscou et montent La Mouette de Tchekhov en décembre 1898. La discipline de répétition de Stanislavski devient son « système » — la racine de presque toute méthode formelle de formation d'acteur utilisée aujourd'hui.
Les producteurs avaient gardé les acteurs anonymes pour contenir les salaires, jusqu'à ce que Carl Laemmle débauche l'interprète la plus populaire de Biograph, plante une fausse nouvelle qu'elle avait été tuée par un tramway, puis achète des annonces criant « Nous démentons un mensonge » et révélant son nom : Florence Lawrence. Le système des stars — et les salaires de star — datent de cette manœuvre.
Warner Bros. présente Le Chanteur de jazz le 6 octobre 1927, et la parole synchronisée devient la norme de l'industrie en trois ans. Les tests de voix mettent fin aux carrières de stars dont les accents ou voix déçoivent, les coaches d'élocution envahissent Hollywood, et jouer pour la caméra devient, définitivement, un métier parlant.
Où vit ce travail aujourd’hui
De Théspe sortant du chœur athénien à l'ère du self-tape : le faussaire professionnel dont le métier est de faire paraître vraies des personnes inventées, prise après prise.
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