Des studios comme Republic Pictures et Universal employaient des réalisateurs spécialisés dans les serials — récits d'action publiés en douze à quinze chapitres hebdomadaires se terminant chacun en cliffhanger, tournés vite et bon marché pour les matinées du samedi. Republic sortit son dernier serial théâtral américain en 1955, et le format disparut des salles en quelques années alors que la télévision apportait le cliffhanger hebdomadaire directement dans les foyers.
Le réalisateur de feuilletons n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
Le cinéma avant le réalisateur
Avant que « réalisateur » soit un titre, les premières images venaient d'inventeurs et d'opérateurs : les Lumière documentaient la vie réelle, tandis qu'aux États-Unis Edwin S. Porter expérimentait le montage de plans en séquence dans The Great Train Robbery (1903). Georges Méliès, ancien prestidigitateur de scène, alla le plus loin le plus vite, construisant un studio vitré à Montreuil en 1897 et traitant la caméra comme un trucage — arrêt en cours de prise pour faire disparaître, multiplier ou transformer des objets, et mettre en scène des récits fantastiques des années avant qu'on appelle cela « réaliser ».
Ce qui se passait alors
Auguste et Louis Lumière organisent la première projection payante au Salon Indien du Grand Café à Paris, un programme de dix courts actualités à plan unique qui établit le film projeté comme média commercial.
Georges Méliès sort Le Voyage dans la Lune, un fantastique de quatorze minutes construit avec arrêts caméra, surimpressions et couleurs peintes à la main — premier vrai spectacle d'effets spéciaux du cinéma et preuve qu'un réalisateur pouvait mettre en scène une histoire plutôt qu'enregistrer.
Naissance d'une nation de D. W. Griffith inaugure le gros plan, le montage alterné et la structure narrative de long métrage qui sous-tendent encore le montage, tout en glorifiant le Ku Klux Klan si explicitement que la NAACP organise des protestations et que plusieurs villes interdisent le film.
Le Cuirassé Potemkine de Sergei Eisenstein construit le massacre des escaliers d'Odessa presque entièrement par la collision de plans au montage, faisant du montage une théorie soviétique enseignable de la production de sens à l'écran.
Où vit ce travail aujourd’hui
Transforme un scénario en film achevé en décidant de chaque plan, de chaque jeu d'acteur et de chaque coupe, puis convainc producteur, studio et public que la vision valait le budget.
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