Les cadrans lumineux créèrent un métier d'usine de jeunes femmes peignant les chiffres avec de la peinture au radium, formées à pointer le pinceau entre leurs lèvres. À l'usine United States Radium d'Orange, New Jersey, et dans des usines similaires, les « Radium Girls » développèrent une nécrose horrifique de la mâchoire et des cancers ; leurs procès de 1927–28 contribuèrent à fonder le droit moderne de la sécurité au travail. Des composés lumineux plus sûrs mirent fin à la peinture au radium, et le métier avec.
Peintre de cadrans au radium n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
L'heure de l'usine : l'Amérique et le Jura suisse
Les usines américaines de Waltham et Elgin prouvèrent que les montres pouvaient être produites en masse avec des pièces interchangeables, forçant les Suisses à s'industrialiser en réponse. Les vallées du Jura perfectionnèrent un hybride — ébauches fabriquées à la machine, finies et assemblées par des réseaux d'ouvriers qualifiés — tandis que la Première Guerre mondiale déplaça définitivement la montre de la poche au poignet. Au milieu du siècle, la Suisse dominait le commerce mondial de l'horlogerie, employant environ 90 000 personnes au pic.
Ce qui se passait alors
Hans Wilsdorf, fondateur de Rolex, brevette le boîtier Oyster à vis, et en octobre 1927 en place un sur la nageuse Mercedes Gleitze lors d'une tentative très médiatisée de traversée de la Manche ; la montre ressort en marche après plus de dix heures dans l'eau, et Wilsdorf achète la une du Daily Mail pour l'annoncer. La montre-bracelet — commodité des soldats de la Première Guerre mondiale — devient un instrument sérieux.
Le 25 décembre 1969 à Tokyo, Seiko lance l'Astron, la première montre-bracelet à quartz au monde — précise à environ cinq secondes par mois et vendue 450 000 yens, environ le prix d'une petite voiture. En une décennie, les mouvements à quartz produits en masse sont plus précis que les meilleurs chronomètres mécaniques et coûtent presque rien à fabriquer.
L'emploi dans l'industrie horlogère suisse s'effondre d'environ 90 000 en 1970 à moins de 35 000 au milieu des années 1980, et plus de la moitié de ses entreprises disparaissent. Les banques forcent les deux grands groupes de l'industrie à fusionner sous Nicolas Hayek, et en mars 1983 le Swatch en plastique, assemblé à la machine, est lancé — rentable à bas prix, et le moteur financier qui permet à l'horlogerie mécanique de survivre.
Où vit ce travail aujourd’hui
L'artisan qui construit et redonne vie à la petite machine au poignet — un métier qui a survécu à la crise du quartz et qui a aujourd'hui plus de travail que de mains formées.
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