Des spectacles ambulants de médecine parcouraient l'Amérique et l'Europe, vendant des remèdes universels à formule secrète — Kickapoo Indian Sagwa, Hamlin's Wizard Oil — avec musique, comédie et faux témoignages. Beaucoup de ces toniques étaient surtout de l'alcool ; certains, comme le sirop apaisant de Mrs Winslow pour les nourrissons qui percent leurs dents, contenaient de la morphine. Le journalisme d'investigation (la série de 1905 The Great American Fraud de Samuel Hopkins Adams) et les règles d'étiquetage du Pure Food and Drug Act de 1906 tuèrent le commerce, et la prétention de la pharmacie à la légitimité scientifique se bâtit en partie sur son cadavre.
Le bonimenteur de remède miracle n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
L'Europe de l'apothicaire
Le décret de Frédéric II d'environ 1240 fit de l'apothicaire européen un artisan légalement distinct, aux prix réglementés et inspecté, et l'ère des guildes bâtit sur cette base : les guildes d'apothicaires géraient des apprentissages de sept ans ou plus, les pharmacopées municipales dès celle de Nuremberg en 1546 standardisaient les recettes, et les boutiques aux pots à médicaments en majolique et crocodiles empaillés devinrent des fixtures de chaque ville européenne. Les apothicaires de Londres obtinrent leur propre corporation en 1617 et, après l'affaire Rose de 1704, le droit de conseiller les patients — se détachant vers la médecine générale et laissant la dispensation aux chimistes et droguistes émergents.
Ce qui se passait alors
Les pharmaciens parisiens Pierre-Joseph Pelletier et Joseph Caventou isolent la quinine de l'écorce de quinquina et publient la méthode sans la breveter. Des usines à travers l'Europe commencent en quelques années à extraire le premier antipaludéen fiable ; le duo passe ensuite à la caféine et à la strychnine, faisant du laboratoire de la pharmacie le berceau de la chimie des médicaments.
En 1937, l'« Elixir Sulfanilamide » de S. E. Massengill, préparé avec le solvant non testé diéthylène glycol, tue plus d'une centaine d'Américains, dont beaucoup d'enfants. Le scandale provoque le Food, Drug, and Cosmetic Act américain de 1938, exigeant des tests de sécurité avant la vente — le modèle des systèmes d'approbation des médicaments modernes au sein desquels travaille aujourd'hui chaque pharmacien.
Où vit ce travail aujourd’hui
L'expert des médicaments derrière chaque ordonnance — des premières boutiques de drogues de Bagdad et du mortier de l'apothicaire à la morphine, l'artémisinine et l'officine moderne.
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