Les minilabs automatisés installaient une chambre noire couleur complète dans les centres commerciaux et pharmacies, et dans les années 1990 des dizaines de milliers de comptoirs une heure dans le monde employaient des techniciens qui calibraient la chimie, corrigeaient la couleur et imprimaient les instantanés familiaux. Les appareils numériques et l'impression domestique effondrèrent le volume argentique en une décennie après 2000 ; le reliquat survivant imprime depuis des fichiers, et le métier de juger un négatif à l'œil a pratiquement disparu.
Opérateur de labo photo une heure n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
La photographie pour tous
Les plaques sèches libèrent les photographes des chambres noires portables ; la demi-teinte met les photos directement dans les journaux dès les années 1880 ; et les Kodak à pellicule en rouleau de George Eastman confient l'image aux amateurs. Les professionnels se spécialisent — presse, publicité, portrait mondain — tandis que les pictorialistes mènent un combat parallèle pour faire reconnaître la photographie comme art, une revendication que des critiques comme Baudelaire avaient rejetée dès 1859. Le monopole professionnel sur la fabrication d'images est fini ; celui sur la fabrication d'images réussies, non.
Ce qui se passait alors
Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, George Rodger et David « Chim » Seymour fondent Magnum Photos en coopérative détenue par ses photographes, avec la règle radicale que les membres conservent le copyright de leurs négatifs — renversant la norme où les publications possédaient tout ce qu'un salarié avait shooté.
L'ingénieur Kodak Steven Sasson assemble le premier appareil photo numérique autonome : 3,6 kilogrammes, 0,01 mégapixel, 23 secondes pour écrire une image noir et blanc sur cassette. La direction, protectrice des revenus argentiques, le met au placard — une décision qui hantera la société jusqu'à sa faillite de 2012.
Instagram lance en octobre 2010 et atteint cent millions d'utilisateurs en trois ans ; Kodak, l'entreprise qui avait inventé l'instantané amateur et l'appareil numérique, dépose le bilan en janvier 2012. La production photographique mondiale grimpe vers deux billions d'images par an, l'immense majorité prise au téléphone.
Où vit ce travail aujourd’hui
Celui ou celle qui est payé·e pour décider à quoi ressemble un instant — de l'exposition de huit heures de Niépce en 1826 aux deux billions d'images par an, dont la plupart sont prises par tout le monde sauf les professionnels.
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