Les tarifs alpins du XIXe siècle listaient une seconde classe professionnelle moins chère sous le guide : le porteur, qui montait provisions, bois de chauffage et bagages des clients aux refuges de haute altitude et pouvait être promu guide après des années de service. Téléphériques, monte-charges de ravitaillement et enfin hélicoptères supprimèrent les charges, et le barreau disparut de l'échelle de la profession, ne survivant que dans le statut d'apprenti de l'aspirant-guide.
Guide-porteur (Träger) n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
Guides de passage, chasseurs et chercheurs de cristaux
Pendant des siècles, les Alpes étaient quelque chose à traverser, pas à gravir. Des guides de passage professionnels conduisaient pèlerins et marchands sur les grands cols, tandis que dans les hautes vallées chasseurs de chamois et chercheurs de cristaux construisaient le savoir-faire pratique des glaciers — lire les ponts de neige, tailler des marches, juger le temps — dont le guidage serait fait. Les sommets eux-mêmes étaient considérés inutiles et largement maudits ; personne ne payait pour s'y tenir.
Ce qui se passait alors
Le 8 août 1786, le chercheur de cristaux Jacques Balmat et le médecin du village Michel-Gabriel Paccard atteignirent le sommet d'environ 4 806 m du Mont Blanc, observés au télescope depuis Chamonix, remportant le prix que de Saussure avait offert en 1760. L'ascension créa un métier : l'année suivante, de Saussure lui-même fut conduit par Balmat avec une équipe de guides et porteurs locaux.
Après qu'une avalanche sur le Mont Blanc eut tué trois guides de Chamonix lors de l'expédition scientifique Hamel de 1820, la vallée fonda la Compagnie des Guides de Chamonix — la première association professionnelle de guides au monde, avec des tarifs fixes, un système de rotation pour partager le travail, et un fonds de secours pour les veuves et les enfants de guides tués en service.
L'ascension du juge anglais Alfred Wills au Wetterhorn au-dessus de Grindelwald, guidée par Auguste Balmat, marque conventionnellement le début de l'âge d'or de l'alpinisme. Deux jeunes locaux, Christian Almer et Ulrich Kaufmann, s'invitèrent à l'ascension en portant un jeune sapin à planter au sommet ; pris d'abord pour des rivaux, ils terminèrent la course aux côtés du groupe de Wills. Les guides conduisirent ensuite les premières ascensions de presque tous les grands sommets alpins en onze ans.
Le 14 juillet 1865, le groupe de sept d'Edward Whymper réalisa la première ascension du Matterhorn, conduit sur la montagne par le guide de Chamonix Michel Croz. À la descente, le client le moins expérimenté glissa, la corde se rompit, et Croz et trois clients tombèrent d'environ 1 200 m jusqu'à la mort. L'enquête de Zermatt acquitta les survivants, et le désastre fixa dans l'esprit public le dilemme du guide — la vie de qui répond pour celle de qui.
Où vit ce travail aujourd’hui
Le professionnel certifié qui mène des inconnus vers le sommet — et surtout vers le bas — des grandes montagnes du monde, un métier que Chamonix a organisé en 1821.
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