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Daguerréotypiste — un métier disparu

Daguerréotypiste (1839–c. 1865) — Les premiers professionnels de la photographie polissaient des plaques de cuivre argentées, les sensibilisaient aux vapeurs d'iode et les développaient à la mercure chauffée — une performance chimique dangereuse répétée pour chaque image unique, impossible à copier.

Daguerréotypiste n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.

1839–c. 1865

Les premiers professionnels de la photographie polissaient des plaques de cuivre argentées, les sensibilisaient aux vapeurs d'iode et les développaient à la mercure chauffée — une performance chimique dangereuse répétée pour chaque image unique, impossible à copier. Des opérateurs itinérants portèrent le métier dans les petites villes et les camps de ruée vers l'or à travers l'Amérique, l'Europe et l'Asie. Le procédé au collodion non breveté de Frederick Scott Archer en 1851, produisant des images moins chères et reproductibles, effaça le commerce du daguerréotype en à peine une décennie.

1826–1880

Les pionniers chimiques

Les premiers professionnels étaient à moitié chimistes, à moitié saltimbanques : daguerréotypistes enduisant, sensibilisant et développant des plaques à la main pour des clients qui n'avaient jamais vu leur propre visage fixé dans le métal. Les studios se répandent de Paris et New York à Bombay, Le Caire et Yokohama en deux décennies, et dans les années 1850 les opérateurs américains seuls produisent des millions de portraits par an. Le collodion humide détruit ensuite ce premier métier — des ferrotypes et tirages papier moins chers remplacent presque entièrement le daguerréotype en moins d'une décennie après 1851.

Ce qui se passait alors

c. 1826 La première photographie

Nicéphore Niépce fixe « Vue du Gras » sur une plaque d'étain recouverte de bitume à Saint-Loup-de-Varennes, France, avec une exposition d'au moins huit heures. La plaque fut perdue des décennies, retrouvée en 1952, et se trouve aujourd'hui au Harry Ransom Center de l'Université du Texas.

1839 La France offre le daguerréotype au monde

Après que l'astronome François Arago l'a défendu, l'État français racheta le procédé de Daguerre et le publia librement le 19 août 1839. Des studios de portrait ouvrirent en quelques mois ; une séance cette année-là pouvait exiger de longues minutes d'immobilité rigide, avec des pinces à tête cachées derrière le cou du modèle.

1851 Le collodion humide rend la photo abordable

Le sculpteur londonien Frederick Scott Archer publie le procédé au collodion humide — plus net qu'un calotype, bien moins cher qu'un daguerréotype — et refuse de le breveter. En une décennie, il détruit le commerce du daguerréotype dans le monde entier. Archer lui-même meurt quasi ruiné en 1857.

1855 Fenton photographie la guerre de Crimée

Roger Fenton passe quatre mois au front de Crimée avec une caravane-laboratoire hippomobile, rapportant quelque 360 plaques de verre dont « La vallée de l'ombre de la mort » — la première photographie de guerre soutenue, bien que des expositions de plusieurs secondes ne lui permettent de montrer que camps et séquelles, jamais la bataille elle-même.

Où vit ce travail aujourd’hui

Celui ou celle qui est payé·e pour décider à quoi ressemble un instant — de l'exposition de huit heures de Niépce en 1826 aux deux billions d'images par an, dont la plupart sont prises par tout le monde sauf les professionnels.

📷 Photographe →

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