Des gentilshommes victoriens ouvraient d'anciens tumulus funéraires comme sport du week-end, parfois plusieurs en une journée — le Derbyshire Thomas Bateman enregistra l'ouverture de centaines dans son livre de 1861 Ten Years' Diggings, creusant vite pour urnes et squelettes et laissant peu de trace des couches. Quand les standards d'excavation se professionnalisèrent vers 1900, la fouille de tumulus fut reclassée de passe-temps respectable en destruction ; son descendant survivant, la détection de métaux responsable, signale désormais les trouvailles via des dispositifs comme le Portable Antiquities Scheme anglais.
Fouilleur de tumulus n’existe plus comme métier vivant. Voici ce qui l’a effacé, et quelle profession a repris le travail.
Rois, chasseurs de reliques et antiquaires
La curiosité pour le passé enterré précède de loin toute méthode pour la satisfaire. Nabonidus creusa pour des inscriptions royales en Babylonie ; papes et princes de la Renaissance exploitaient Rome pour ses statues ; des lettrés des dynasties Ming et Song en Chine cataloguaient bronzes et inscriptions dans une tradition antiquaire parallèle. Dans l'Europe des Lumières, des gentilshommes en Grand Tour achetaient des antiquités à la caisse, et des sociétés comme la Society of Antiquaries de Londres (fondée 1707) commençaient à traiter les vieux objets comme des preuves — bien que presque personne n'enregistrait encore d'où quoi que ce soit venait réellement.
Ce qui se passait alors
Sous Charles de Bourbon, roi de Naples, des ouvriers commencèrent à creuser Pompéi, dix ans après le percement de tunnels à Herculanum voisin. Le travail ressemblait davantage à une extraction royale de trésors qu'à de la science — statues et fresques partaient directement au palais — mais deux cités romaines ensevelies firent du passé lointain une obsession européenne et, à terme, un laboratoire de méthode.
À partir des textes parallèles grec, démotique et hiéroglyphique de la pierre de Rosette — trouvée par des soldats français à Rashid en 1799 — Jean-François Champollion annonça son déchiffrement de l'égyptien ancien dans sa Lettre à M. Dacier. L'histoire écrite de l'Égypte s'ouvrit, et l'excavation dans la vallée du Nil acquit un public lecteur dans toute l'Europe.
Christian Jürgensen Thomsen, conservateur de la collection nationale danoise à Copenhague, publia son guide classant les artefacts préhistoriques en âges successifs de pierre, de bronze et de fer. Le système des trois âges donna à la préhistoire sa première chronologie utilisable — construite en ordonnant objets et contextes de trouvaille, non en se fiant aux textes anciens.
En creusant une tranchée massive dans le tell d'Hisarlik, en Turquie ottomane, Heinrich Schliemann déterra un trésor d'or et d'argent qu'il nomma « trésor de Priam » et déclara avoir trouvé la Troie d'Homère. Il avait à peu près raison sur le lieu et tort sur la couche — sa tranchée détruisit une grande part de la cité de l'ère homérique — et ses méthodes devinrent le conte d'avertissement contre lequel la génération suivante se définissait.
Où vit ce travail aujourd’hui
Le scientifique qui lit l'histoire humaine dans le sol, couche par couche irremplaçable — des tranchées de Nabonidus au LiDAR et à l'ADN ancien.
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