c. 1350 BCELes lettres d'Amarna
Environ 380 tablettes cunéiformes trouvées à Akhetaton consignent des pharaons égyptiens correspondant avec les souverains de Babylone, d'Assyrie, du Mitanni et des Hittites en « frères » royaux, dans une langue diplomatique commune, l'akkadien, et un système de cadeaux réciproques — le plus ancien grand archive diplomatique conservée.
c. 450 BCEAthènes formalise le proxénie
Les cités grecques nommaient un citoyen éminent d'une ville, le proxénos, pour veiller aux intérêts d'une autre cité sans accréditation formelle, tandis que la coutume tenait la personne d'un héraut pour sacrée et interdisait de la blesser légalement, même en temps de guerre — un substitut précoce à la fois des ambassades et de l'immunité diplomatique.
1455Milan invente l'ambassadeur résident
Le duc Francesco Sforza stationna un envoyé permanent à la cour florentine plutôt que d'envoyer des missions ponctuelles, une pratique que Venise et les autres puissances italiennes copièrent vite. Les historiens attribuent généralement cette rivalité italienne, plutôt qu'un traité unique, l'invention de l'ambassade permanente comme institution de l'art des gouvernements.
1524Venise codifie le rapport d'ambassadeur
Le Sénat vénitien imposa que tout ambassadeur de retour présente une relazione écrite détaillée sur l'état, les ressources et le caractère de la cour qu'il avait servie, constituant une archive systématique de renseignement politique que les historiens exploitent encore aujourd'hui pour sa candeur inhabituelle.
1626Richelieu crée le premier ministère des Affaires étrangères
Le cardinal de Richelieu établit un département d'État dédié aux affaires étrangères sous Louis XIII, centralisant une correspondance royale dispersée en une bureaucratie professionnelle permanente — l'ancêtre direct des ministères des Affaires étrangères que la plupart des gouvernements dirigent encore aujourd'hui.
1648La paix de Westphalie
Les traités mettant fin à la guerre de Trente Ans, négociés à Münster et Osnabrück, établirent que les États souverains se traitent comme égaux en droit quelle que soit leur religion — l'hypothèse fondatrice du système diplomatique interétatique encore en usage.
1720–1721Une ambassade ottomane étudie Paris
Le sultan Ahmed III envoya Yirmisekiz Mehmed Çelebi à la cour de Louis XV avec consigne d'étudier de près les institutions françaises, et non de se limiter aux salutations protocolaires. Son rapport écrit est largement crédité d'avoir inspiré l'ère des Tulipes réformatrice et la première presse de l'empire en 1727.
1814–1815Le congrès de Vienne
Réuni après la défaite de Napoléon pour redessiner les frontières de l'Europe, le congrès régla aussi un long différend sur le rang diplomatique en adoptant des règles fixes de préséance entre ambassadeurs. Le ministre des Affaires étrangères français Talleyrand, représentant la puissance vaincue, divisa la coalition des vainqueurs sur la Pologne et la Saxe et obtint pour la France une place parmi les grandes puissances.
1961La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques
Codifiant des siècles de pratique coutumière en droit traité contraignant, la Convention fixa les règles que suit presque tout État aujourd'hui : l'inviolabilité des ambassades et de la valise diplomatique, et l'immunité personnelle des diplomates accrédités contre l'arrestation et les poursuites dans le pays où ils servent.
1978Les accords de Camp David
Le président américain Jimmy Carter retira le président égyptien Anouar el-Sadate et le premier ministre israélien Menachem Begin au camp de Camp David pour treize jours de négociations à huis clos, produisant le cadre du premier traité de paix entre Israël et un État arabe, signé l'année suivante.