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Franz Beckenbauer vs Alfredo Di Stéfano

Face-à-face · Football

Franz Beckenbauer
#6

Franz Beckenbauer

Allemagne · 1964–1983

VS
Alfredo Di Stéfano
#8

Alfredo Di Stéfano

Argentine / Espagne · 1945–1966

Statistique par statistique

2 Ballons d'or 2
3 d'affilée Coupes d'Europe 5 d'affilée

Les barres sont proportionnelles au leader de cette liste.

Le verdict

Alfredo Di Stéfano mène dans 1 des 2 catégories. Notre classement de tous les temps place Franz Beckenbauer au n°6 et Alfredo Di Stéfano au n°8.

Le dossier Franz Beckenbauer

Le plus grand défenseur de tous les temps, classé ici parce qu'il a inventé le poste qu'il a maîtrisé. Beckenbauer a pris le rôle de libero — jusqu'alors une fonction purement destructrice — et l'a transformé en libero offensif, sortant de la défense pour devenir un milieu de terrain supplémentaire, un concept qui résonne dans chaque défenseur central moderne portant le jeu et chaque latéral qui s'inverse au milieu. Le palmarès est stupéfiant : champion d'Europe avec l'Allemagne de l'Ouest en 1972 (une équipe souvent jugée comme la meilleure sélection européenne de son époque), capitaine champion du monde en 1974, trois Coupes d'Europe consécutives avec le Bayern Munich de 1974 à 1976, et le seul défenseur à avoir remporté deux Ballons d'or (1972, 1976). Il a ensuite mené l'Allemagne de l'Ouest à la Coupe du monde 1990 en tant qu'entraîneur, rejoignant Mário Zagallo (et plus tard Didier Deschamps) dans le tout petit club de ceux qui l'ont remportée en tant que joueur et entraîneur. En 103 sélections, il a allié élégance et gestion impitoyable du match ; son duel avec Cruyff en finale 1974 — pragmatisme contre poésie, 2-1 — reste le grand débat philosophique du sport en quatre-vingt-dix minutes.

Le dossier Alfredo Di Stéfano

Le moteur de la plus grande dynastie de l'histoire des clubs. Le Real Madrid a remporté les cinq premières Coupes d'Europe, de 1956 à 1960, et Di Stéfano a marqué dans les cinq finales — sept buts au total, dont un triplé lors de la démolition 7-3 de l'Eintracht Francfort à Hampden Park, que de nombreux observateurs plus âgés qualifient encore de plus belle performance de club jamais réalisée. Il était le footballeur total avant que le terme n'existe : nominalement avant-centre, il défendait, construisait le jeu depuis l'arrière, dictait le tempo et finissait les actions, préfigurant Cruyff de quinze ans. Ses totaux avec le Real — 308 buts en 396 matchs, huit titres de champion — se sont accompagnés de deux Ballons d'or (1957, 1959), et en 1989 France Football lui a décerné son unique Super Ballon d'or comme meilleur lauréat des trois premières décennies du trophée. La lacune de son palmarès est circonstancielle : pris entre les fédérations argentine, colombienne et espagnole au milieu de conflits de transfert, il n'a jamais disputé de match de Coupe du monde. Jugé sur ce qu'il contrôlait — chaque compétition de club de son époque — il ne s'incline devant personne.

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